Le boogie-woogie est à la fois le nom d'une danse et celui d'une sous-famille musicale du jazz au rythme particulier, bien souvent marqué au piano. Les origines de ce style musical remontent à la fin du 19e siècle dans les campements des bûcherons de la Louisiane et du Texas. Les bûcherons, qui appartenaient tous à la communauté noire, avaient pris l'habitude de chanter et de danser après leur travail dans leurs baraquements. Des musiciens, qui les accompagnaient au piano, se déplaçaient en train d'un campement à l'autre. Ils jouaient souvent du piano pendant leurs voyages, en adaptant la musique au bruit des essieux des trains. Le boogie-woogie fit ainsi le tour du Texas et se propagea dans tout le sud des états-Unis en développant des particularités régionales. Le style de la Nouvelle-Orléans, un peu plus accentué de la main gauche, est appelé la «main gauche».
La musique de piano constitua dans les années 1920 une autre facette essentielle du jazz. Le quartier de Harlem à New York devint bientôt le lieu d'expérimentation d'un style soliste hautement technique et virtuose, connu sous le nom de «stride piano» (piano cadencé). Un second style de piano jazz, le boogie-woogie, se développa dans le même temps. Il s'agissait d'une forme de blues jouée au piano, se composant d'une structure de basse courte fortement accentuée, jouée à répétition par la main gauche, tandis que la main droite jouait librement, utilisant une grande variété de rythmes.
Pinetop Smith, un spécialiste de ce style, popularisa le nom de boogie-woogie en donnant le titre de «Pinitop's boogie-woogie» à un célèbre solo de piano qu'il enregistra en 1928. Mais ce n'est qu'à la fin des années 1930 que le boogie-woogie prit ses lettres de noblesse auprès du grand public. Le premier concert «From Spirituals to Swing» fut organisé au Carnegie Hall à New York. Le boogie-woogie s'écoute alors partout, on en parle dans la presse, on l'entend à la radio, on enregistre des disques, le public blanc découvre cette musique. A partir de cette période le boogie-woogie se commercialise et de nombreuses formations de jazz inclurent des morceaux de boogie-woogie à leur répertoire. Cette musique a également été sponsorisée par l'état américain pendant la seconde guerre mondiale pour maintenir le moral des soldats. C'est ainsi que les Andrew Sisters firent carrière.
Avec la seconde guerre mondiale, la culture américaine se développe en Europe, la jeunesse découvre alors, au même titre que le Jazz et le be-bop, le boogie-woogie. L'arrivée fracassante du rock'n'roll démode rapidement le blues et le boogie-woogie qui deviennent dépassés.
Le plus souvent joué au piano, le boogie-woogie se caractérise par un style puissant, vivant et efficace. De la main gauche, le musicien exécute une figure répétitive et syncopée, donnant un rythme puissant et régulier ; de la main droite, il improvise une mélodie souvent très simple. De cette coexistence entre main gauche et main droite jouant chacune une partie distincte et autonome se dégage une musique rythmée et mélodieuse. Ce style caractérisait les pianistes qui devaient savoir tout jouer dans les petits établissements qui les employaient. Ils devaient jouer pour les auditeurs, mais aussi et surtout, ils devaient faire danser. Ces établissements souvent très modestes ne pouvaient offrir au pianiste un accompagnateur pour étoffer la pulsation, et celui-ci devait être un véritable «homme-orchestre», tout à la fois batteur, bassiste et soliste. En examinant le jeu d'un pianiste de boogie-woogie, on peut en extraire divers composants qui évoquent le rôle dévolu à certains instruments au sein d'un orchestre de Jazz (notamment batterie et contrebasse).
L'un des courants émergeant à la suite de l'âge d'or du lindy hop s'est petit à petit identifié, surtout en Allemagne, comme le boogie-woogie. On peut naturellement faire un parallèle entre la danse be-bop des «Rats de caves» à Saint-Germain-des-prés et la danse boogie-woogie développée en Allemagne. Le boogie-woogie est ainsi une évolution européanisée du lindy hop, son nom venant du courant musical, très à la mode après guerre. L'organisation de compétitions officielles et la standardisation des jeux de jambes et des passes ont permis de donner un nouveau style et une nouvelle popularité au boogie-woogie.
Le style de cette danse est, en terme d'évolution, à mi chemin entre le lindy hop et le rock'n'roll. On retrouve en effet beaucoup de variations propres au lindy hop comme les jeux de jambes, les acrobaties et l'importance de l'improvisation et de l'écoute musicale. En revanche, la plupart des passes sont similaires à celles du rock'n'roll.
Le boogie-woogie, comme le rock'n'roll, se danse sur des styles musicaux très différents, avec une évidente prédilection pour les morceaux de piano de la musique boogie-woogie. Il peut se danser sur des tempos très différents, l'interprétation musicale étant essentielle sur les tempos très lents.
Il existe aujourd'hui deux types de boogie-woogie, celui à 6 temps (comme le rock'n'roll, avec un pas «sautillé») et celui à 8 temps (avec une allure twistée et dans le sol). Le style le plus développé est celui à 6 temps, plus moderne et dynamique. Le boogie-woogie se danse essentiellement en Europe, les meilleurs représentants de cette danse étant en Norvège, en Suède, en Allemagne, en Italie... et en France !
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Aina Nygard & Yorgen SandnesTout simplement les meileurs dans leur discipline, ils se distinguent notamment par l'originalité de leur chorégraphie, leur sens inné de l'interprétation et la sensualité d'Aina!!!www.ainaandjorgen.com |
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Démonstrations sur un boogie lent |
Démonstrations sur un boogie rapide |