Les origines du lindy hop remontent au 19e siècle, aux temps des plantations, aux états-Unis. A cette époque, la population afro-américaine aimait se moquer des danses traditionnelles européennes en leur associant des mouvements de danses tribales africaines et des mouvements amusants inspirés des animaux.
Le «Break away» (nom initialement donné au lindy hop) est véritablement né à Harlem à l'époque de l'émergence de la musique swing, dans les années 1920. A cette époque, Harlem était un lieu de divertissement, où les gens de tous horizons, de toutes couleurs et de toutes classes se réunissaient. Le Cotton Club présentait des artistes noirs et accueillait la riche clientèle blanche et glamour pendant que le Savoy accueillait une clientèle plus modeste et à forte proportion noire. La musique swing, et plus particulièrement le lindy hop, se développèrent au Savoy qui devint rapidement le temple de cette mouvance. La communauté noire est ainsi l'inspiratrice de cette danse à la touche très africaine.
Le lindy hop est devenu très populaire aux états-Unis à la suite du fameux concert de Benny Goodman en 1937 au Paramount Theater de New York. Durant cette soirée, trois mille amateurs de jazz furent transportés par la prestation, ce fut le déclencheur de l'âge d'or de la mouvance jazz/swing. Le lindy hop fut évidemment associée à ce mouvement musical. Première danse codifiée, le lindy hop est l'ancêtre de nombreuses danses «swinguées», notamment du west coast swing, du boogie-woogie ... et du rock'n'roll
En mai 1927, Charles Lindberg effectua l'audacieux premier vol solo de New York à Paris à bord de son avion «Spirit of Saint Louis». Tout le monde se passionna pour son saut (hop), et les journaux américains titrèrent : «The lucky Lindy hop's the atlantic !».
Selon la légende, lors d'un concours de danse, un journaliste demanda à George «Shorty» Snowden, qui dansait d'une façon tout à fait originale pour l'époque, quel était le nom de la danse qu'il pratiquait. Ne sachant quoi dire et comme il faisait faire des sauts à sa partenaire, «Shorty» répondit en pensant à l'exploit de la traversée de Lindbergh : «The hop». Puis, après un petit moment de réflexion, il se reprit et dit : «The Lindy hop..., we're flying just like Lindy did», en se remémorant le titre des journaux du moment. L'appellation fut reprise dans les journaux dès le lendemain. Pour cette raison, l'avion de Charles Lindberg est souvent un élément récurrent et symbolique chez les lindy-hoppers.
Dans toutes les danses de société du début du siècle dernier, la danseuse restait tout le temps dans les bras du danseur, et ce, jusqu'à l'avènement du lindy hop qui fut la première danse à «autoriser» des partenaires à se séparer. Le lindy hop est aussi la première danse avec des sauts aériens ce qui explique pourquoi les jeunes générations l'ont tout de suite adopté.
Le lindy hop se danse principalement sur 8 temps, mais il peut aussi se danser sur 6 temps. Il se danse en couple, avec des moments où les danseurs se lâchent et dansent ensemble sans se tenir (le «break away»), d'une manière très exubérante voire parfois sauvage avec des jetés inspirés du charleston et des petites acrobaties défiant les lois de la gravité. Le style de cette danse se caractérise par des positions très relâchées, par une attitude légèrement penchée et par le «bounce» des jambes et des pieds (impression de ressort et de souplesse des danseurs). Le lindy hop se distingue par la richesse de ses figures, par sa capacité à coller à la musique (le fait de danser sur 8 temps permet d'être sur la phrase musicale), par l'importance de l'improvisation et par le «jeu» entre les partenaires. Il met ainsi l'accent sur la communication entre les partenaires et sur la connexion, sensation de tension musculaire entre le danseur et la danseuse. La connexion permet au cavalier de faire effectuer à la cavalière diverses variations (modifications des pas de la danseuse ou de ses déplacements). La cavalière peut aussi «prendre le guidage» en donnant une information par l'intermédiaire de la connexion, et inverser les rôles : elle décide de ses mouvements et de ceux du cavalier. Lorsque la danseuse est lâchée par le danseur, elle est libre d'effectuer toute variation qu'elle juge appropriée.
Le lindy hop se danse aussi bien sur des rythmes lents que sur des rythmes très rapides. Il se danse sur de la musique jazz, sur des morceaux de Glenn Miller, de Duke Ellington, etc., mais aussi sur du rock'n'roll ou sur des musiques plus récentes qui «swinguent».
La manière la plus courante de danser le lindy hop est communément appelée le «Savoy style», le style originel, pratiqué dans les années 1930 au Savoy. Un style plus moderne existe, le «Hollywood style», en référence au style de Dean Collins qui fut figurant dans de nombreux films.
Mais le lindy hop ne se résume pas à ces deux styles. Ainsi, la façon de danser de George «Shorty» Snowden était différente de celle de Frankie Manning dont le style était si caractéristique qu'il était aisé de le reconnaître sur une piste de danse au milieu de centaines de couples...
Vidéo de Dean Collins |
Vidéo de George Snowden |
Danse au Savoy |
Les années de gloires du lindy hop et de la musique jazz/swing furent les années 1930 jusqu'à la fin des années 1940. L'émergence du be-bop et du rock'n'roll rendit ces musiques moins populaires et contribua ainsi au déclin de la pratique du lindy hop. De plus, une taxe sur les spectacles fit augmenter le prix des orchestres au moment même où la musique enregistrée commençait à devenir accessible. En raison de la baisse de fréquentation des dancings, les salles de danse devinrent plus petites. Le style de danse a ainsi dû changer pour s'adapter à des endroits plus étroits. Le lindy hop fut dansé jusqu'au début des années 1960 avant de tomber progressivement en désuétude jusqu'à sa renaissance dans les années 1980 à New York et à Los Angeles.
On assiste à un renouveau de la mouvance swing au niveau musical avec des groupes comme le Billy Elliott Orchestra, Indigo Swing, Steve Lucky & the Rhumba Bums ou encore Lavay Smith & Her Red Hot Skillet Lickers. Le lindy hop est de nouveau de plus en plus dansé et on le retrouve dans des spectacles à tournée internationale comme « Burn the floor » ou dans des démonstrations par des nombreux groupes de lindy-hoppers. En soirées, certains danseurs s'habillent avec des costumes d'époque, d'autres préfèrent des jeans et des t-shirts. Néanmoins, l'amateur de lindy hop portera en général des pantalons larges, voire très larges avec parfois une casquette style années 1930, ce qui est très utile pour repérer un(e) partenaire quand la majorité des danseurs d'une soirée ne connaissent pas le lindy hop.
Le lindy hop a traversé les âges, mais l'individualisme et la compétitivité, omniprésents dans notre monde moderne, poussent le lindy hop sur le chemin des concours et de la compétition. Les organisateurs se réjouissent car cela peut contribuer à promouvoir et à davantage populariser le lindy hop. D'autres pensent au contraire que cette danse ne doit pas se développer par le biais de la compétition car sa principale caractéristique est d'être festif et ludique. Quelque soit le style, le lindy hop est fait pour suivre les instruments, pour danser de façon décontractée, en se balançant sur le rythme, pour le plaisir de danser avant tout.
The Whitey's Lindy Hoppers![]() |
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Kevin St. Laurent & Carla Heiney
![]() www.kevinandcarla.com |
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Le Cotton Club
Premier véritable cabaret à avoir popularisé le Jazz en Amérique du nord, le Cotton Club a été fondé par un gangster blanc. L'activité principale du Cotton Club : présenter des filles dévêtues, dans des chorégraphies sensuelles, le tout sur une musique débridée de Jazz. Si tous les employés du Cotton Club sont noirs, la clientèle est exclusivement blanche : une élite cultivée, attirée par l'exotisme de la culture noire et l'ambiance clandestine.
En 1927, Duke Ellington devient le chef d'orchestre attitré du Cotton Club. Très vite, ses concerts sont diffusés à la chaîne de radio CBS, de sorte que la réputation du Cotton Club dépassera rapidement les frontières de Harlem.
Dans les années 30, le célèbre établissement déménage sur Broadway, devenant plus respectable et huppé. Mais en 1940, le Cotton Club devra se résigner à fermer ses portes. La mouvance Swing, qui vient de faire son apparition sous l'impulsion de Benny Goodman, est dorénavant à la mode.
Le Savoy
Tout commença à Harlem en 1926 dans un gigantesque dancing «ballroom» appelé le Savoy. C'était un lieu consacré à la danse, où les communautés blanches et noires pouvaient se mélanger, ce qui était très rare à l'époque.
Le Savoy, dont les scènes à chaque extrémité de la piste permettaient à deux groupes de musiciens de jouer tous les jours de la semaine, pouvait accueillir jusqu'à 4000 danseurs. A l'époque, une nuit de danse était bon marché et la musique enregistrée était difficilement accessible.
La mouvance Jazz était alors à son apogée. Les plus grands Big band voulaient y jouer car le Savoy faisait leur renommée. Leur musique suscitait les improvisations des danseurs qui inspiraient les musiciens avec leurs mouvements originaux. L'atmosphère du dancing était électrique, les meilleurs danseurs se réunissaient dans le «Kat's corner» et passaient tour à tour pour faire des démonstrations en harmonie avec la musique. Ils venaient également s'y mesurer dans des grandes compétitions en cherchant constamment à créer de nouveaux et de plus passionnants mouvements pour enflammer la foule et obtenir la victoire. Le public a ainsi été enthousiasmé par les premiers mouvements aériens créés par Frankie Manning et sa partenaire Freda Washington.
Le Savoy ferma ses portes en 1958.
George «Shorty» Snowden
«Shorty» fut l'un des plus grand danseur du Savoy. Doté d'un sens du comique inné, il se parodiait lui même avec sa véritable signature, le «Shorty George step». Avec sa partenaire, Big Bea, qui était plus «forte» que lui, ils avaient souvent l'habitude de finir leur danse en sortant de la piste avec Shorty sur le dos de Bea. Count Basie, toujours attentif aux danseurs, l'honora avec un morceau intitulé «Shorty George». Il forma une troupe de danseurs professionnels «The Shorty Snowden Dancers» et partit danser pour l'orchestre de Paul Whiteman.
Frankie Manning
Frankie Manning est le plus célèbre danseurs de lindy hop. Né en 1914 à Harlem, il commença à danser vers l'âge de 10 ans et fréquenta rapidement le Savoy, très renommé pour ses fabuleux danseurs et orchestres. Il devint rapidement une star des «jams» improvisés dans le «Kat's korner» et gagna de nombreux concours. Il fut rapidement invité à rejoindre l'élite des danseurs dans le «400 club». Les membres de ce club avaient le privilège de pouvoir venir s'entraîner les après-midi au Savoy lorsque les orchestres engagés répétaient.
Frankie fut inspiré par la première génération de lindy hoppers, George Snowden et Leroy «Stretch» Jones. Cependant, dans le but de battre ces grands danseurs dans les intenses compétitions du Savoy, il développa son propre et unique style, se distingant notamment par sa manière originale de danser en formant un angle prononcé avec le sol au lieu de rester toujours droit dans la position classique des autres danses. En 1935, lors d'une compétition au Savoy, Frankie et sa partenaire Freda Washington éliminèrent «Shorty» en stupéfiant la foule avec la première figure acrobatique de lindy hop jamais réalisée. Frankie fut ainsi surnommé Frankie «Musclehead» Manning. Il avouera plus tard, que cette figure lui fut inspirée par «Shorty» lorsqu'il l'avait vu sortir de la piste de danse sur le dos de sa partenaire.
A la fin des années 50, le lindy hop devient moins populaire. En 1954, Frankie dut stopper sa carrière de danseur et rejoindre l'US Postal afin de gagner sa vie. En 1987, à l'âge de 73 ans, il réapparaît dans le monde de la danse suite au renouveau de la mouvance Swing.
Aujourd'hui, Frankie Manning enseigne partout dans le monde. Sa simplicité, sa bonne humeur, sa passion, et sa réelle fusion avec la musique font de lui un professeur unique, magnifique, gigantesque...une véritable légende.
Dean Collins
Dean Collins est à l'origine du style communément appelé «Hollywood style». Il avait appris le lindy hop à New York au début des années 30 avant de partir à Los Angeles. S'inspirant du «Savoy style», il l'a chorégraphié pour l'adapter dans les nombreux films où il figura.
The Whitey's Lindy Hoppers
Herbert White, connu sous le surnom de «Whitey» à cause d'une raie blanche dans ses cheveux, regroupa les tous meilleurs danseurs du Savoy dans une troupe professionnelle appelée les Whitey's Lindy Hoppers. Outre son statut de danseur, Frankie Manning devint le chorégraphe de la troupe pendant que «Whitey» s'occupait du business.
La troupe se produisit partout dans le monde, travailla pendant 6 mois au Cotton Club, apparut dans le Ed Sullivan Show, fit la couverture de Life magazine et tourna à Hollywood dans de grandes comédies musicales. Leur premier grand film fut «A day of the races» des Marx Brother's, puis ils tournèrent dans de nombreux autres films dont «Hellzapoppin» (en vidéo), ce qui contribua à leur grande renommée.