| Ray Barretto | Oscar d'Leon | Ismael Rivera |
| Celia Cruz | Johnny Pacheco | Arsenio Rodriguez |
| Cheo Feliciano | Eddie Palmieri | Bobby Valentin |
| Larry Harlow | Tito Puente |
D'origine portoricaine, Ray Barretto a été élevé dans les ghettos latins de Harlem et du Bronx, dans un environnement rempli de musique portoricaine, mais aussi de jazz car il écoutait beaucoup la radio. A cette époque, les ondes radios swinguaient au son des orchestres de Count Basie, Duke ellington ou encore Benny Goodman. Durant son enfance, il fréquente de moins en moins l'école et de plus en plus la rue. Pour se sortir de ce contexte difficile, Ray Barretto s'engage dans l'armée américaine et est envoyé en Allemagne. Il se retrouve ainsi à Munich, où il découvre le be-bop, joué par des soldats noirs dans des jam-sessions.
Il quitte l'armée, retourne à New York et court les jam-sessions de Harlem à l'époque où les percussions latines viennent d'être introduites dans les orchestres de be-bop. Le cubop (pour «cuban be-bop») s'impose, et aucune formation ne peut se passer de son conguero. Rapidement, Ray Barretto devient le percussionniste latino de nombreux musiciens de jazz, en parallèle à son activité dans les orchestres latinos. Au tout début des années 1960, Ray Barretto délaisse le monde du jazz pour se mettre au rythme en vogue, la pachanga, successeur du mambo et du cha-cha-cha, et sort son premier disque : Pachanga con Barretto.
en 1962, il met sur pied sa formation la Charanga Nueva, expérimentant la fusion du rythm & blues et des musiques latinos avec le tube «el watusi» à la clé. Sa notoriété grandissant, Ray Barretto devient l'un de piliers du fameux groupe Fania all Stars, réunion des plus grandes stars de la salsa sous l'égide du label Fania.
Ray Barretto est un élément crucial, avec son jeu spectaculaire, véritable avalanche sonore où la frappe puissante ne contredit pas l'approche mélodique des prestations de la Fania All Stars. Celui qu'on surnomme «Manos duras» (mains dures) fait naître des milliers de vocations de frappeur de peau à travers la planète.
Quand le label Fania subit au début des années 1980 une baisse de notoriété, Ray Barretto retourne à ses premiers amours, le latin jazz. Grâce en partie à Bernard Lavilliers, la France sera pour lui un terrain particulièrement réceptif, avec des festivals de jazz qui l'accueillent fidèlement chaque année. Durant les années 1990, Ray Barretto a continué sa carrière en gravitant entre ses deux grandes passions, le latin jazz et la salsa, en enregistrant des disques des deux types et en voyageant à travers le monde. en janvier 2006, Ray Barretto subit un quintuple pontage coronarien dont il n'allait pas surmonter les complications postopératoires. Ainsi se sont achevées ce que le musicien appelait ses «deux vies» : celle consacrée aux musiques latines et celle dédiée au jazz. Il laisse derrière lui une discographie impressionnante et une paire de congas orphelines...
Extraits musicaux: Congo bongo Acid Indestructible Margie
Personnage charismatique à l'énergie dévastatrice, Célia Cruz est née dans un quartier pauvre de La Havane. Dès l'adolescence, elle se fait remarquer par ses qualités de chanteuse. elle se présente à un concours de chant organisé par une radio cubaine qu'elle remporte haut la main. elle intègre alors le conservatoire et entame sa carrière professionnelle comme chanteuse. elle interprète des tangos, des boléros, de la musique cubaine et des chansons populaires américaines en se faisant remarquer par la puissance, la clarté et la limpidité de sa voix. elle sait atteindre, sans effort, des tonalités incroyablement hautes pour une chanteuse sans véritable préparation technique.
en 1950, Myrta Silva, la chanteuse du groupe la Sonora Matancera quitte le groupe qui doit engager d'urgence une nouvelle chanteuse. Celia Cruz est choisie. A compter de cet instant et durant quinze années, l'histoire de celle qui va devenir la reine de la salsa va se confondre avec celle de la Sonora Mantacera, l'un des orchestres cubains les plus populaires du moment. Avec la Sonora Mantacera, elle va enregistrer ses premiers disques commerciaux, tourner plusieurs films, enchaîner les tournées internationales devenant petit à petit l'une des voix incontournables de la musique cubaine, et triompher en 1957 au Palladium à New York.
en 1960, suite à la révolution cubaine, Célia Cruz émigre aux états-Unis et continue à enchaîner les succès. Un événement majeur intervient en 1962 scellant de manière définitive son exil : le gouvernement révolutionnaire lui refuse l'entrée à Cuba pour les obsèques de sa mère. La communauté latine en exil, et plus particulièrement les portoricains, très présents à New York, l'accueillent à bras ouvert et lui demandent d'être leur porte-parole. elle refuse d'endosser un rôle politique. Pourtant, elle devient tout naturellement un symbole, non seulement pour les cubains et les portoricains, mais aussi pour les colombiens, les mexicains et les argentins. En 1962, elle épouse Pedro Knight, le trompettiste de la Sonora Mantacera, prend la nationalité américaine, puis entame à partir de 1965 une carrière solo.
Son départ de la Sonora Mantacera, contrairement à ce qui a pu arriver pour certains, se traduit par une nouvelle ascension dans sa carrière. Les enregistrements et les tournées se multiplient dans le monde entier. elle débute alors une fructueuse collaboration avec Tito Puente et rejoint la Fania All Star, ce qui symbolise son entrée dans le monde de la Salsa. Celia Cruz va multiplier les enregistrements avec les salseros et collaborer entre autres avec Johnny Pacheco, la Sonora Poncera, Ray Barreto, Willie Colón, Ismael Rivera. Avec ces artistes, elle crée une atmosphère musicale latino-américaine très vivante qui mêle sonorités traditionnelles et musique américaine contemporaine. Boogaloo, jazz, salsa ou rumba, tout est source d'inspiration pour Celia Cruz, et ses «mixes» donnent naissance à de nouvelles tendances.
Dans les années 1980, elle fait de nombreux concerts et duos, et retrouve de temps en temps la Sonora Matancera pour des concerts évènements. Par-delà les différentes modes, ses concerts continuent à drainer les foules, générations et origines confondues.
Célia Cruz avait un talent inné pour se mettre en scène, tantôt ultrasophistiquée, les cheveux crêpés, tantôt nature, beauté cubaine, ou encore en pattes d'éph' et coiffure afro. Ses arrangements musicaux avec des rythmes entraînants, ont servi à merveille sa voix unique. en juillet 2003, le monde apprend que le fabuleux «azucar», le mot qu'elle prononce d'une manière inimitable et avec lequel elle ponctue régulièrement ses chansons, ne résonnerait plus. La reine de la salsa a perdu son combat contre un cancer qui la rongeait depuis quelques années. Celia Cruz s'éteint dans le New Jersey, bien loin de sa Havane natale.
Extraits musicaux: I will survive In rehearsal Acapella tribute
Véritable «crooner» et chanteur fétiche de toutes les Caraïbes et de l'Amérique Latine, la vie de Cheo Feliciano pourrait se lire comme un roman : une enfance pauvre mais heureuse à Porto Rico, l'exil à New York à 17 ans, la vie à la dure dans le quartier irlandais puis dans le «Barrio» portoricain, les percussions comme passion et les petits boulots pour survivre, la rencontre avec les plus grands (Tito Rodriguez, Tito Puente, etc.), la gloire foudroyante aux côtés de Joe Cuba, la chute progressive dans l'enfer de la drogue, la désintoxication, le come-back avec le label Fania et aujourd'hui la sérénité de celui qui est une légende vivante, un des très rares soneros aussi à l'aise pour chanter une salsa, un bolero, un danzón, ou un cha-cha-cha.
Né en 1935, Cheo Feliciano a étudié la musique à Porto Rico avant d'émigrer à New York. Sa famille s'installe dans le quartier irlandais et est fréquemment victime de comportements racistes. La situation devient insupportable et la famille décide de s'installer au coeur du «barrio latino». La vie y est plus facile, même si des tensions existent avec les quartiers italien et noir-américain voisins. Les portoricains doivent parfois choisir leurs alliés, souvent en fonction de leur couleur de peau. C'est aussi l'époque des gangs qui divisent la communauté portoricaine. entre 1952 et 1954, Cheo Feliciano décide d'arrêter les études pour la musique et assure divers petits boulots en apprenant parallèlement à jouer des percussions. Il fréquente le syndicat des musiciens de New York où il passe avec succès un test pour y être enregistré comme percussionniste.
en 1957, une opportunité va se présenter, il est recommandé par Tito Rodriguez pour être le chanteur du Joe Cuba Sextet. Les premiers essais sont désastreux, car il n'arrive pas à chanter les nombreux titres en anglais. Des morceaux de Tito Rodriguez en espagnol sont alors ajoutés au répertoire du Sextet et il devient le chanteur officiel de l'orchestre qu'il ne quittera officiellement que neuf ans plus tard après 17 albums. Le Joe Cuba Sextet se distingue par la grande variété des styles abordés. et, contrairement à beaucoup d'autres groupes du Barrio, le groupe est composé majoritairement de musiciens nés sur le territoire américain et parfaitement anglophones. Grâce à tous ces atouts, les membres du Joe Cuba Sextet deviennent en quelques années, selon l'expression même de Cheo, «les Beatles latinos». Les foules, notamment à Porto Rico, se déchaînent lors de leurs concerts. A partir de ces succès, il est souvent invité en guest-star par les grands orchestres. Ne voulant pas rester éternellement le chanteur du Joe Cuva Sextet, il décide de le quitter. Son départ est aussi le bienvenu pour les autres membres du groupe qui avaient du mal à supporter ses excès liés à sa dépendance aux drogues dures.
Cheo Feliciano commence à consommer de la drogue peu après ses vingt ans. Comme beaucoup d'autres latinos expatriés, il connait une longue crise identitaire, devenant progressivement dépendant. Dépensant tout son argent pour sa consommation, il n'arrive plus à honorer ses contrats et n'a plus les moyens financiers de rentrer à New York alors qu'il est en tournée à Porto Rico. Il plonge complètement et se retrouve finalement à la rue, dormant dans des maisons ou des voitures abandonnées. Il trouve finalement refuge chez Tommy Olivencia qui lui aménage une chambre à l'arrière de sa pizzeria. Il remonte progressivement la pente après des souffrances qu'il n'hésite pas à décrire : «Quand arrivent les crises, on doit t'attacher au lit (...) parce que tu pourrais blesser quelqu'un ou te blesser toi-même. Tu perds la raison. Une crise dure environ six jours. Le septième jour, ton corps est noyé dans le vomi, les excréments et l'urine. Sans pouvoir manger quoi que ce soit (...). Puis tu commences par avaler de l'eau sucrée (...) puis de la glace puis quelques jours après de la soupe. Les douleurs sont déjà passées mais il faut maintenant manger et affronter une insomnie terrible. Je n'ai pas pu dormir pendant trente huit jours (...) Tu ne peux pas t'asseoir car aussitôt des tremblements envahissent tout ton corps (...) Pour pouvoir dormir à nouveau une nuit complète, il m'a fallu plus d'un an». Il suit une thérapie qui consiste notamment en des réunions de groupe qui tournent parfois à la confrontation, chacun étant mis face à ses erreurs passées et à ses faiblesses. en voie de guérison, il contribue à développer sur l'île des centres de désintoxication.
Il entame ensuite une collaboration avec de nombreux artistes et devient l'un de piliers du groupe Fania All Stars dans lequel il retrouve l'ambiance de ses débuts musicaux : «La Fania All Star, c'était comme à mes débuts, quand j'allais au syndicat des musiciens et que je rencontrais toutes ces superstars, et tous les gens du Barrio. A cette époque, certains d'entre eux étaient, comme moi, des musiciens en devenir. Mais là, avec la Fania, nous étions tous devenus des professionnels. et à chaque fois que nous reformions la Fania All Stars, c'était comme une réunion de famille. C'était fantastique. Nous avions l'habitude de nous réunir et de tourner pendant deux, trois ou quatre semaines et c'était des moments fabuleux (...). J'étais comme un poisson dans l'eau. Je connaissais la qualité des interprètes. Nous nous défiions les uns les autres : Donne moi le meilleur de toi-même et je te donnerai le meilleur de moi (...). Il y avait une vraie compétition, vous ne pouviez pas faire moins bien que le précédent (...). Ce qui était bien parce que cela exigeait de la créativité, cela vous maintenait éveillé.»
en 1977, après de nombreux tubes, Cheo Feliciano est auréolé d'une réputation de chanteur majeur, capable de s'exprimer sur des boleros comme sur des guarachas sophistiquées, de faire le lien entre la «vieille» musique populaire portoricaine et la «nouvelle» salsa. Il se distingue aussi pour beaucoup par l'orchestre restreint et sobre qui l'entoure sur ses premiers disques en solo. A partir de cette époque, il va travailler de façon de plus en plus isolée, ce qui apparaît à certains comme un luxe et un privilège lui donnant une grande liberté, et à d'autres comme le début d'une marginalisation et d'un appauvrissement artistique irrémédiables. Pourtant pressenti comme un des futurs soneros majeurs de la salsa, il va pâtir de l'absence d'un orchestre stable et de premier rang.
La clef de cette difficulté à constituer un véritable groupe est certainement à chercher dans les mauvaises relations qu'il entretient avec le label Fania. Comme Ray Barretto ou Larry Harlow,
il fustige l'absence de transparence de la Fania qui notamment ne publie jamais les chiffres de vente et entoure d'un mystère douteux le montant des salaires de ses artistes. enfin, certains voient également dans la personnalité de Cheo Feliciano la source de son incapacité à créer un orchestre et parlent d'un manque de professionnalisme : Cheo Feliciano ne porte pas une attention suffisante à sa voix et déçoit à plusieurs reprises son public en concert ou à la télévision, avec un timbre passablement rauque. en revanche, il continue à aligner les succès sur ses disques jusqu'au début des années 1980 et incarne à lui seul un style inimitable, que ce soit dans le boléro dont il reste un des plus grands représentants (il fut couronné par le public roi du boléro) ou dans les salsas raffinées.
Chanteur de feeling, à la grande capacité d'improvisation, il expérimente beaucoup, ce que peu de soneros osent faire, en transformant par exemple des valses en salsas.
Extrait musical: Anacoana Busca lo tuyo
Musicien multi-instrumentaliste (principalement pianiste), chef d'orchestres de salsa et de jazz, Larry Harlow est né à New York en 1939 dans une famille d'origine juive-américaine. Il a commencé à étudier le piano dès l'âge de cinq ans. Puis, il a suivi des cours au lycée d'art et de musique de Manhattan où il a reçu une formation classique : piano, orgue, hautbois, cor anglais, flûte, basse, harmonie et composition avant de se convertir au jazz et de devenir un pianiste accompli. Après avoir écouté de la musique latine chez les disquaires du quartier Spanish Harlem de New York, il décide de voyager à Cuba. C'est le début de son attachement prononcé pour la culture cubaine, et notamment pour l'oeuvre d'Arsenio Rodriguez.
Il commence à travailler avec des orchestres de musique latine et signe un contrat en 1966 pour le label de musique Fania, fondé deux ans plus tôt par Johnny Pacheco, le roi de la Charanga et l'avocat Jerry Masucci.
Il alterne à l'époque le son cubain et le boogaloo, plus à la mode, et c'est grâce à Ismael Miranda, le nouveau chanteur principal du Larry Harlow Orchestra, qu'il atteint en 1969 la tête des charts latins avec «el exigente». Larry Harlow va décrocher le titre de pianiste officiel de la Fania All Stars: il le sera de 1971 à 1976. en 1971, c'est son piano qu'on entend dans le mythique album «Fania All Stars live At The Cheetah» (vaste dancing de New York où s'étaient concentrés les orchestres de jazz les plus célébres des années 1950).
Au début des années 70, Larry Harlow va démontrer tout son génie musical en tirant profit des influences musicales traditionnelles cubaines tout en apportant de nouvelles combinaisons sonores issues du jazz. Il publie alors deux disques fondamentaux: «Abran Paso» et «Tribute to Arsenio Rodriguez». en 1974, il sort l'album «Salsa»: c'est la première fois que l'industrie du disque latin et une grande formation assume officiellement le terme salsa. Ce disque fondamental, placé sous l'influence d'Arsenio Rodriguez, est, pour ce qui est de la majorité des arrangements, l'oeuvre de trois trombonistes qui ne sont pas d'origine latine (Mike Gibson, Sam Burtis et Mark Wenstein) et qui conçoivent la salsa comme une authentique prolongation du jazz assortie d'une nouvelle vision du son cubain. Ce trio est accompagné du violon de Lewis Khan, musicien juif new-yorkais (comme Larry Harlow).
Cet album, qui est considéré par certains comme l'album clef du développement de la salsa,
est ainsi loeuvre de cinq jazzmen blancs, très inspirés par la culture latine. en 1977, Larry Harlow sort «La Raza Latina», un album conçu comme une tentative d'histoire musicale de la salsa.
Larry Harlow a écrit de 1965 à 1980 les plus grandes pages de la musique latine, et ce, sans jamais renoncer au jazz, et en n'oubliant jamais que la salsa est conçue pour le public et avant tout pensée pour la danse. Larry Harlow fut l'un des pionniers du label Fania avec lequel il a enregistré plus de 50 albums et produit plus de 100 albums d'autres artistes. Dans les années 1980, l'intérêt du public pour la salsa new-yorkaise diminuant, la production de Larry Harlow est devenue plus limitée. en 1994, il s'est associé avec Ray Barretto, Adalberto Santiago et Yomo Toro pour former le Latin Legends Band afin de transmettre aux plus jeunes l'héritage de la musique latine.
Extrait musical: Latin jazz all stars
Oscar D'León est un sonero (chanteur improvisateur) et musicien (bassiste) né en 1943 au Venezuela. à 20 ans il commence à travailler chez General Motors pour subvenir aux besoins de sa famille, mais il décide plus tard de délaisser son emploi pour réaliser son rêve : devenir musicien. Il achète quelques instruments et forme son premier orchestre. Après plusieurs essais, il fonde le célèbre groupe La Dimension Latina dont l'un morceau phare est «Lloraras».
La Dimension Latina devient l'un des orchestres les plus reconnus et importants des Caraïbes, et pénètre rapidement le marché nord-américain. Par son charisme, ses talents d'improvisation et de danseur, Oscar D'León transforme les concerts de la Dimension Latina en véritable show. Suite à des tensions internes, il quitte La Dimension Latina et commence une carrière solo riche en tubes. Oscar D'León devient un phénomène international : pèlerin de la musique latine, il est reçu partout avec les honneurs, du Japon à Helsinki,
de Montréal aux Buenos Aires, d'où son surnom de «Sonero del Mundo». Au début des années 1990, il signe avec le label RMM et enregistre avec les grands artistes latinos du moment (Célia Cruz, Tito Puente, José Alberto, La India, etc.). en 2000, il fonde son propre label musical, Bass Records.
Considéré comme l'un des plus grands soneros au monde, Oscar D'León est complètement autodidacte. Il n'a jamais eu l'occasion de suivre des cours de musique, mais il possède une oreille musicale, un sens de l'improvisation et du show uniques. en 30 ans de carrière, il a enregistré plus de 60 albums avec les meilleurs musiciens d'Amérique Latine, obtenu plusieurs disques d'or et récompenses musicales. en 2003, lors du festival de Vic Fezensac, il rend un hommage vibrant à Celia Cruz, au point de susciter une intense émotion parmi tous les spectateurs.
Extraits musicaux: Lloraras Sientate ahi Yo la vi Ven Morena
Johnny Pacheco est un musicien, compositeur, arrangeur, producteur et directeur musical né en 1935 en République Dominicaine. Il doit sa passion pour la musique à son père, qui fut clarinetiste et chef d'orchestre. A 11 ans, il émigre à New York avec sa famille, apprend à jouer de l'accordéon, du violon, du saxophone et de la clarinette, et devient l'un des principaux percussionnistes de son époque.
En 1960, il crée son premier et célèbre orchestre, Pacheco y Su Charanga. Son premier album «Johnny Pacheco Y Su Charanga vol. 1» se vend alors à plus de 100 000 exemplaires la première année, devenant la meilleure vente d'albums du moment. Puis, il contribue largement à l'essor de la Pachanga, qui devient la danse à la mode pendant quelques années. Fin 1963, sa carrière prend un virage historique lorsqu'il fonde avec l'avocat de son divorce, Jerry Masucci, la maison de disques Fania Records, qui deviendra dans les années 1970 le label majeur de la salsa.
En 1964, il sort chez Fania son nouvel album, «Canonazo», qui abandonne la Charanga au profit du Conjunto.
Découvreur de talents, c'est lui qui donne leur chance à des jeunes artistes comme Willie Colon, Hector Lavoe, ou encore qui relance la carrière de Celia Cruz. C'est également lui qui dirige l'orchestre mythique la Fania All Stars, réunissant tous les talents du label Fania, avec lequel il part en tournée dans le monde entier. Jusqu'au milieu des années 1980, il produit les albums de nombreux artistes du label Fania, dont beaucoup deviennent des grands classiques de la salsa.
Né à New York en 1936 de parents portoricains, eddie Palmieri est un célèbre pianiste, compositeur, arrangeur, producteur et leader de groupes de musique latine. Il est le frère de Charlie Palmieri qui est davantage considéré comme un artiste de jazz.
eddie Palmieri commence à jouer du piano à l'âge de huit ans. Il développe un style avant-gardiste et une technique de piano peu orthodoxe en jouant avec un grand nombre de groupes pendant les années 1950, notamment l'orchestre de Tito Rodriguez. Cependant, le fait d'être trop zélé sur le clavier provoque son renvoi des différents groupes dans lesquels il joue. Au début des années 1960, afin de pouvoir exprimer librement son style, il forme son propre orchestre en s'inspirant des charangas cubains. en suivant l'exemple de Mon Rivera, il remplace les trompettes de son orchestre par deux trombones, au son plus musclé. Baptisé La Perfecta, son orchestre constitue déjà, par sa fougue et son esprit, l'un des premiers conjuntos de la salsa auquel il imprime sa touche personnelle, imprégnée de la «saveur latine» de New York.
À la fin des années 1960, les membres du conjunto La Perfecta se séparent, eddi Palmieri se tourne alors vers des sonorités très variées. Il passe ainsi par le boogaloo, expérimente la fusion de sa musique avec le R'n'B et se tourne vers le jazz, ce qui déroute les danseurs. Après de nombreux albums, souvent récompensés, il émigre à Porto Rico en 1983. Peu sollicité par les producteurs et musiciens de Porto Rico, il retourne 3 ans plus tard à New York avec un sentiment de frustration. Il collabore ensuite avec de nombreuses figures de la salsa comme La India ou Tito Puente.
eddie Palmieri a produit une large variété de musiques avant-gardistes au cours de sa carrière. Habile dans des styles aussi divers que la rumba, le jazz, la salsa, et les styles populaires qu'il a créés, il est considéré comme l'un des précurseurs de la salsa. Avec eddie Palmieri, surnommé «rompe teclas» (celui qui casse les touches), le piano devient percussion. Ses concerts sont un véritable combat entre l'instrument et lui, il libère alors une salsa puissante liée au jazz, où se déploie son imagination créatrice dans un duel énergique avec le piano. Sa musique et ses concerts sont à son image, brutaux et virtuoses, toujours à la limite de l'explosion.
Extrait musical: Vamonos pal'monte
D'origine portoricaine, Tito Puente naît en 1923 dans le Spanish Harlem, quartier pauvre de New York dans lequel se côtoient les émigrants latins. Son rêve de devenir danseur comme Fred Astaire s'effondre à l'age de sept ans suite à un accident de vélo qui l'atteint gravement à la hanche. Il prend alors des cours de piano, et montre un intérêt prononcé pour les percussions. Pendant la seconde guerre mondiale, il remplace le batteur officiel du déjà célèbre groupe Machito y sus Afro-Cubans qui est appelé sous les drapeaux. Tito Puente re-dynamise alors le groupe en adoptant la position debout pour jouer des percussions au lieu de l'habituelle position assise.
A cette époque il domine déjà, en plus du piano, le vibraphone, les congas, les bongos et bien entendu les timbales qui deviennent vite sa marque de fabrique. Pour la première fois sans doute de l'histoire des musiques latines, les timbales sont portées à l'avant de la scène. On le verra tout au long de sa carrière jouer de tous ces instruments dans ses différents orchestres.
Tout en continuant sa coopération avec Franck «Machito» Perez, Tito Puente monte en 1947 son propre groupe, les Picadilly Boys. C'est avec cet orchestre qu'il joue régulièrement au Palladium à Broadway. Il devient l'un des acteurs majeurs de la scène du Palladium en popularisant la nouvelle musique venue de Cuba appelée le mambo, rythme afro cubain saccadé, ainsi que le cha-cha-cha. Au milieu des années 1950, Tito Puente est parvenu à se faire une large audience, tant dans la communauté hispanique que dans la communauté anglo-saxonne avec ses tubes dont notamment le fameux «Ran kan kan». Désigné «roi du mambo», il joue alors dans les clubs de jazz
new-yorkais en vogue tels que le Birdland et le Royal Roost, et enregistre des albums avec le trompettiste Doc Severinson alliant ainsi jazz et musique latine. Il fera une incursion assez inattendue dans le monde du rock en 1970 lorsque Carlos Santana décide de reprendre une de ses vieilles chansons : «Oye como va».
en 1979, Tito Puente remporte son premier Grammy Award grâce à l'album «Homenaje a Beny». Dans les années 1980, il concentre ses efforts sur le mélange des musiques latines et du jazz. Il remporte d'autres Grammy Awards, et continue a donner de nombreux concerts (plus de 300 dates par an) que ce soit pour des événements majeurs ou des rendez-vous plus modestes. Quoique sa renommée soit mondiale il est toujours resté fidèle à ses racines et jouait régulièrement dans des quartiers pauvres de New York pour récolter des fonds. Tito Puente meurt à l'âge de 77 ans. Au delà du mélange des musiques latines et Jazz, il aura joué et influencé les plus grands noms de la salsa.
Extrait musical: El Sabroso son
Né à Porto-Rico en 1931, Ismael Rivera s'intéresse dès son plus jeune âge à la musique. A 7 ans, il chante et monte des groupes avec les gamins de son quartier, construisant des instruments avec des objets récupérés. Dès 13 ans, il cire des chaussures pour rapporter quelques pesos. Il sera ensuite maçon, métier que lui enseigne son grand père. Pendant toute son adolescence, il fréquente un musicien Rafael Cortijo, et s'échappe fréquemment de son milieu familial pour jouer. en 1954, après un début en tant que chanteur dans un groupe local, il devient le vocaliste du groupe fondé par Rafael Cortijo, Cortijo y su Combo. Le Combo de Cortijo va marquer son époque en mettant en avant la bomba et la plena qui sont les musiques traditionnelles de Porto Rico. en 1955, le groupe enregistre un premier tube «el bombon de elena». Maîtrisant à la perfection les techniques d'improv isations, Maelo ou «el sonero mayor» comme il est parfois surnommé, voit sa carrière et celle du groupe croître sans
cesse grâce à de nombreuses tournées, notamment à New York où le succès est au rendez-vous. L'orchestre triomphe au Palladium avec la particularité suivante : à cette époque, les orchestres, composés de 15 à 20 musiciens, jouent assis avec des partitions, alors que le Combo de Maelo comprend sept musiciens jouant debout et sans partition.
en 1962, Ismael Rivera et Rafael Cortijo sont arrêtés pour possession de stupéfiants. Cet évènement va mettre fin à la carrière du groupe et de son leader. Les musiciens du groupe décident de continuer seuls en créant en 1962 el Gran Combo de Puerto Rico. Après près de quatre années passées dans une prison du Kentucky surnommée La Tumbas (les tombes), Maelo rentre dans son île natale où une foule immense l'attend à l'aéroport. Il recommence à enregistrer des albums avec Rafael Cortijo mais les contrats sont difficiles à obtenir. Ils décident donc de tenter leur chance à New York. en 1971, Ismael Rivera crée son propre groupe Los Cachimbos, avec lequel il conserve un son proche de celui du Combo. S'adaptant aux différents rythmes à la mode comme le boogaloo, il abandonne progressivement la bomba et la plena pour véhiculer se s messages et ses chansons à partir des dérivés du son qui vont devenir progressivement salsa. Après plusieurs albums, il enregistre en 1974, l'incontournable «Traigo de Todo», avec le tube «el Nazareno». en 1975, le label de musique qui produit ses disques est racheté par la Fania Records. Il côtoie alors toutes les stars du label telles que Celia Cruz, Johnny Pacheco ou Rubén Blades.
A la fin des années 1970, Ismael Rivera commence à avoir des troubles vocaux, mais il compense par son impressionnante maîtrise du chant et de l'improvisation. en 1982, son ami de toujours Rafael Cortijo décède, il ne s'en remettra jamais réellement. en 1983, à l'issue d'une tournée en Colombie et au Venezuela, Ismael Rivera perd la voix : cancer ? infection ? trouble psychologique lié la perte de Cortijo ?, ce qui est sûr c'est qu'il ne chantera plus. Ismael Rivera décède en 1987, des suites d'une crise cardiaque. Porto Rico organise un deuil national de plusieurs jours. Tout un peuple est orphelin du «sonero mayor». Porto Rico vient de perdre un formidable ambassadeur et une figure charismatique de la salsa et de la musique latine. Véritable légende de la musique afro-caribéenne, Ismael Rivera restera à jamais la fierté des portoricains et le modèle des soneros du monde entier.
Extraits musicaux: Abran paso Colobo
Né en 1911 à Cuba, Arsenio Rodriguez possède des racines africaines grâce à un grand-père d'origine congolaise. A l'âge de 9 ans, il devient aveugle suite à une ruade d'une mule qui lui donne un coup à la tête. Cette tragédie ne l'empêchera pas de devenir plus tard un musicien exceptionnel. Il commence à jouer du tambour dans les fêtes afro-cubaines pour célébrer son héritage africain qui influencera par la suite sa musique. Puis son père lui offre une petite guitare et, à l'âge de 15 ans, il rencontre un charpentier qui fabrique aussi des instruments de musique. Ce charpentier lui apprend à jouer à la guitare, de la basse, des maracas, des bongos, ainsi que les premiers accords et les quelques rudiments techniques pour jouer de la très. Il rencontre alors un bassiste du Septeto Habanero qui lui apprend à mieux connaître cet instrument. Il se met à apprendre à en jouer avec virtuosité, la très deviendra son instrument attitré. Grâce à la maîtrise de cet instrument, Arsenio Rodriguez est
devenu populaire sous le surnom de «el ciego maravilloso» (le merveilleux aveugle).
Au début des années 1930, il constitue son premier groupe, le Sexteto Boston, qui jouera ses propres compositions. en 1937, il quitte son sextet pour rejoindre le Septeto Bellamar. C'est une année importante pour lui car il réalise ses premiers enregistrements issus de ses compositions. Puis, il constitue son propre ensemble qu'il nomme Conjunto en ajoutant des instruments comme les congas, un piano et des trompettes. C'est une innovation extraordinaire qui transforme le son et la définition même de la musique cubaine. Arsenio Rodriguez n'est pas le premier à inclure le piano dans un orchestre cubain typique (trompette, guitare, très, bongos, basse, maracas et claves), mais les congas et l'ajout de trompettes dépoussièrent la musique cubaine. Le conjunto éclipse complètement les charangas pour plus d'une décennie, juste avant l'apparition du cha-cha-cha qui redonnera un nouvel élan aux charangas. Le conjunto d'Arsenio Rodriguez de cette époque était probablement le plus doué pour
jouer de la musique cubaine. Le groupe était très populaire parmi la communauté noire, moins parmi la communauté blanche qui ne savait pas danser sur les rythmes d'influence africaine qu'Arsenio Rodriguez inventait.
Déçu par le manque d'opportunités à Cuba, il décide de partir avec une partie de son orchestre pour les états-Unis au début des années 1950. Comme beaucoup d'autres cubains, Arsenio Rodriguez est d'abord allé à Miami mais il a détesté cette ville en raison du racisme rencontré, préférant la zone sud du Bronx de New York, avec le voisinage animé de Portoricains. Le nouveau conjunto
est réorganisé, mais la popularité d'Arsenio Rodriguez à New York ne sera jamais celle qu'il a connue à Cuba, alors que les trois grands orchestres du moment, fortement influencés par le jazz, étaient ceux de Tito Puente, de Tito Rodriguez et de Machito. Il continue néanmoins d'innover en mêlant des influences jazz avec des éléments de la religion afro-cubaine et en faisant évoluer sa formation vers la pachanga et le boogaloo. Contre toute attente le groupe décline progressivement.
Père du son montuno, compositeur prolifique et auteur lyrique, tresero sans égal, Arsenio Rodríguez a fortement influencé la musique cubaine dans les années 1940. Précurseur du mambo, il restera une grande figure populaire. Les répercussions de ses innovations musicales sont encore présentes aujourd'hui. Arsenio Rodriguez est mort à Los Angeles en 1972. Figure en grande partie oubliée, sa vie restant peu connue, il reste en marge dans le panthéon musical officiel.
Né en 1941 à Porto Rico, Bobby Valentin joue déjà de la guitare à 7 ans. Il ne tarde pas à former un trio avec des camarades de classe, où il a le rôle de guitariste et de troisième voix. Dans sa ville natale se déroule chaque année un festival sur la place principale dont l'une des attractions est un concours de jeunes talents locaux. Cela ne manque pas d'attirer le trio qui s'inscrit en 1952 et gagne le premier prix. en 1953, son talent naissant retient l'attention d'un de ses professeurs qui lui conseille de s'inscrire à des cours dans une académie de musique. Au départ, il est poussé à apprendre le saxophone alto, mais il n'aime pas cet instrument. Au bout de six mois, les enseignants cèdent à son désir d'apprendre la trompette. C'est le déclic qui est à l'origine de son investissement total dans l'apprentissage musical.
Comme de nombreux portoricains, le départ vers les états-Unis semble être à ses yeux la meilleur alternative pour se forger un avenir. en 1956, il arrive à New York où il poursuit ses études musicales. Bobby Valentin ne se limite pas à la théorie, comme tout musicien il répète beaucoup en louant notamment un studio avec d'autres trompettistes. Sans cesser les cours, il intègre des groupes semi professionnels. Puis, il effectue ses premiers enregistrements en 1959 et collabore avec l'orchestre de Willie Rosario avec lequel il restera jusqu'en 1963. C'est une rencontre importante pour Bobby Valentin puisque Willie Rosario l'a poussé à devenir arrangeur. A cette époque, il connaît seulement les arrangements pour la section des cuivres, mais pas pour le piano, ni pour la basse. Mais face à l'insistance de Willie Rosario, il apprend les différents arrangements. en tant qu'arrangeur il essaye de trouver ses propres inspirations pour que chacun reconnaisse sa signature, rien qu'à l'écoute. L'association Willie Rosario / Bobby Valentin est très importante car ils ont été parmi les premiers à introduire un saxophone baryton dans un orchestre de salsa. Willie Rosario en a eu l'idée en écoutant un groupe de jazz, il pensait qu'il fallait harmoniser le saxophone baryton avec les trompettes et renforcer les riffs de pianos et de la basse pendant les mambos avec le baryton. en 1963, Bobby Valentin rejoint l'orchestre de Tito Rodriguez dans lequel il a le rôle de trompettiste. Après avoir participé à quelques tournées, il rentre dans l'orchestre de Ray Barretto de 1964 à 1965.
Il décide ensuite de former son propre orchestre : La Orquesta de Bobby Valentin qui débute sur scène dès novembre 1965 à New York. Grâce à son amitié avec Johnny Pacheco (il a été arrangeur du groupe Pacheco y su Nuevo Tumbao), il rencontre Jerry Masucci, le président du label Fania Records. Cette rencontre débouche sur l'audition de son orchestre et la signature d'un contrat en 1965. Au sein du label Fania, il collabore avec Johnny Pacheco puis débute au sein de la Fania All Stars.
Avec son orchestre, il fait trois voyages à Puerto Rico, puis décide de s'y installer en 1968. Son orchestre le suit pendant sept mois, puis ses musiciens repartent vers New York. Il reste à Puerto-Rico et doit recruter de nouveaux musiciens. en 1969, il réorganise son orchestre. Son ancien orchestre comportait trois cuivres, le nouveau en comportera cinq : deux trompettes, un trombone et deux saxophones. Il crée ainsi son propre «son». Après le départ du chanteur de son groupe, il décide que son orchestre doit comporter plus d'un chanteur pour éviter qu'une démission ne perturbe l'ensemble. A partir de ce moment, il y aura deux ou trois chanteurs en permanence dans le groupe. Il collaborera ensuite avec des artistes prestigieux comme Larry Harlow, Cheo Feliciano, ou encore Ismael Miranda, sans interrompre ses participations aux concerts de la Fania All Stars.
Sa carrière prend une nouvelle dimension lorsque son propre label voit le jour en 1974 : Bronco Records. Bobby Valentin a alors le contrôle complet de ses albums, de la production à la commercialisation. Cela lui permet de faire travailler d'autres artistes comme son grand ami Willie Rosario. Bobby Valentin élargi encore son champ d'activité en devenant le partenaire de Willie Rosario dans la gestion d'une boîte de nuit. Là encore ils se passent d'intermédiaires et permettent à leurs orchestres respectifs de jouer régulièrement. Très inspiré dans le choix des membres de son groupe qui met particulièrement en valeur les différents chanteurs, il permet à son orchestre d'engranger les succès et les sollicitations.
Quasi-inconnu en France, Bobby Valentin est pourtant un des musiciens les plus prolifiques de la salsa qui sait tout faire : arrangeur, compositeur, tromboniste, trompettiste, bassiste, directeur d'orchestre et homme d'affaires.
Extrait musical: Cuando te vea