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Rock, Salsa, Boogie, Lindy Hop, West Coast Swing, Cha cha

LEXIQUE



BachataContredanseDespeloteRitmo Nuevo
BoléroCumbiaGuajiraSon
BoogalooDanzaLatin JazzSongo
Buena Vista Social ClubDanzónMamboSonero
Cha-cha-chaDanzoneteMerengueTimba
Charanga DescargaOrienteTipicas
Contradanza

Bachata

La bachata est une musique romantique de la République Dominicaine jouée avec plusieurs guitares, accompagnées de percussions (bongo, maracas, guiro) et d'une basse. Il est difficile de lui trouver une filiation nette mais il est probable que des musiques cubaines comme le boléro ont eu une certaine influence. Dans les textes, le chanteur décrit très souvent la détresse rencontrée pour conquérir la femme aimée dans un contexte social particulièrement difficile.

Le succès international est arrivé en 1991, lorsque Juan Luis Guerra sort la chanson «Burbujas De Amor» (morceau passé inaperçu en France). Puis en 1999, l'Espagne se mettra à danser la bachata, avec les succès de Frank Reyes «Ajena» et Luis Miguel del Amargue «Te echo de menos». La bachata trouve sa place sur les pistes de danse, entre la salsa et le merengue, en profitant de la vague latino. Mais c'est surtout en 2004, que le monde découvre la bachata grâce au succès remporté par «Obsesion» du groupe Aventura.

Très à la mode dans les campagnes dominicaines, elle se danse en couple, principalement en position fermée, un peu comme le slow. Le pas de base est en trois temps dans une direction suivi d'un coup de hanche qu'il faut répéter dans l'autre direction de façon symétrique. Les danseurs doivent être très proches l'un de l'autre et des passes «ouvertes», inspirées de la salsa, peuvent être effectuées, à condition de toujours respecter le pas de base avec son déhanché caractéristique sur les temps 4 et 8.

Comme pour le merengue, il n'existe pas de cours spécifiques pour apprendre la bachata. Cette danse étant assez simple, elle ne nécessite pas un apprentissage régulier. Les stages sont ainsi très adaptés à son apprentissage. Ensuite, tout est une question de pratique, d'improvisation et de feeling...

Boléro

Danse ternaire d'origine espagnole, le boléro se transforme à Cuba, au contact de la communauté noire, en genre musical à deux puis à quatre temps. Le boléro cubain, romantique et sentimental, puise son inspiration dans les airs d'opéra, dans les romances françaises et dans les chansons napolitaines. Il développe des mélodies classiques et raffinées, aussitôt familières aux oreilles de la communauté européenne de Cuba, soutenant des textes poétiques où se mêlent la nostalgie, le charme des femmes et les amours contrariés. Lent, mais avec un rythme clairement marqué, il se développe au 19e siècle dans la région d'Oriente. Il est d'abord exécuté par des trovadores, chanteurs s'accompagnant à la guitare qui composent eux-mêmes de splendides boléros, puis par différents types de formation dont des grands orchestres du milieu du 20e siècle. Au cours des années 1920, le boléro métisse avec le son pour donner naissance au boléro-son, popularisé alors par la vague des trios et des septettes. Le boléro se répandra ensuite dans toute l'Amérique latine et sera influencé par le jazz. Ibrahim Ferrer, médiatisé grâce au film «Buena Vista Social Club» est un interprète reconnu de boléro.

Aujourd'hui, le genre affiche une grande vitalité, et souvent, les albums de salsa contiennent un ou deux boléros, dans lesquels se juge la qualité du chanteur dont l'interprétation doit être sans défaut.

Boogaloo

Au milieu des années 1960, aux états-Unis, la musique latine est en crise. La mode de la pachanga, du mambo et du cha-cha-cha, qui anime les danseurs depuis quelques années, montre des signes d'épuisement. Portée par de grands orchestres, la pachanga semble en effet inadaptée aux temps nouveaux. Le public s'enflamme désormais aux sons des Beatles, du twist, du rythm & blues relooké et assagi par la soul commerciale du label Motown. Le swing des grands orchestres latins devient dépassé aux yeux de la nouvelle génération de latino-américains qui s'identifient de plus en plus aux noirs américains avec qui ils partagent des conditions de vie difficiles, très éloignées du fameux «rêve américain». C'est de cette fusion - musique latine, twist, rythm & blues - que va naître le boogaloo.

Porté par le disque autant que par la scène, cette nouvelle vague s'exprime en général en anglais, et fait tout pour générer des réussites commerciales. Elle y réussit parfois, avec des tubes comme «I like it like that» de Pete Rodriguez, sacré «roi du boogaloo». Touchés par le virus, tous les musiciens latinos se convertissent à la nouvelle mode, et tentent de profiter des retombées commerciales. Les paroles sont en général sans intérêt, mais l'impact musical est fort, et si certains voient dans le boogaloo une simple dégradation de la musique latine, il est aussi une adaptation au changement des temps, qui privilégie un son plus agressif et plus direct. Des dizaines de petits groupes vont ainsi rapidement naître, et la formule - plus ramassée et plus souple que les anciens grands orchestres - facilite leur formation et leur expression.

Le boogaloo règnera sur la musique latine jusqu'au début des années 1970, avant de céder la place à la salsa, pour laquelle il avait préparé le terrain : c'est la salsa qui réussira réellement à déborder le cadre restreint du public latin et à s'implanter durablement sur le marché de la communauté blanche.

Buena Vista Social Club

Film culte réalisé par Wim Wenders en 1999. Les « social clubs» étaient à l'origine des cercles mondains où les races ne se mélangeaient guère. C'est aussi le titre d'un album exceptionnel où jouent ensemble de vieilles gloires du son et du boléro comme Ibrahim Ferrer ou Compay Segundo. Produit à La Havane en mars 1996, c'est le disque le plus vendu de l'histoire de la musique cubaine.

Cha-cha-cha

Rythmiquement très proche du mambo, le cha-cha-cha, dont l'origine du nom aurait été donné par le bruit des pieds des danseurs suivant le rythme sur le sol, est issu du danzòn.

Le cha-cha-cha est né au milieu du 20e siècle grâce à des musiciens qui avaient remarqué les difficultés que les danseurs rencontraient avec le danzón-mambo. En effet, les pas tombent non pas sur les temps, mais sur les syncopes, et rendent la danse délicate. Ces musiciens se sont donc attachés à en simplifier la forme, et ont écrit des mélodies intégrant le moins possible de syncopes. Dès lors, les danseurs peuvent s'appuyer sur la mélodie, qui leur sert de repère alors que l'accompagnement orchestral reste truffé de syncopes. Ce mélange entre mélodie sur les temps et accompagnement sur les contretemps est une caractéristique du nouveau genre, le cha-cha-cha. Ce type de danzòn, accompagné d'un rythme syncopé, faisait penser à un mambo au tempo beaucoup plus lent qu'à l'accoutumée. Cette relative lenteur donne la possibilité aux danseurs d'introduire une ondulation des hanches sur le «lent» du rythme «vite-vite-lent» caractéristique du mambo. Peu à peu cette ondulation a évolué pour donner le triple pas que l'on connaît aujourd'hui.

Introduit aux états-Unis dans la même décennie qui a vu sa création, le cha-cha-cha est rapidement devenu une danse très populaire. Si cette danse se prête à de nombreuses chorégraphies on retrouve toujours les mêmes pas de base fonctionnant sur le principe du 1-2-123 (pas chassé) en accord avec la percussion. Sentant le vent du succès, de nombreux musiciens se sont mis à ce nouveau genre musical, contribuant ainsi à sa popularité.

Charanga

Ce terme désigne un orchestre de danzòn. Parfois nommé charanga francesa, ce type d'orchestre est apparu au début du 20e siècle. A l'origine, la charanga a d'abord joué du Danzòn, jusqu'à l'apparition du cha-cha-cha dont elle devient le vecteur tout trouvé. Initialement, une charanga était un ensemble musical incluant piano, violon, violoncelle, güiro, clarinette, flûte, contrebasse et timbales. La formation a aujourd'hui évoluée et se caractérise par la présence de violons. Les orchestres de timba ont une structure assez proche de la charanga, mais avec des éléments nouveaux et modernes.

Contradanza

Cette ancienne danse née à Cuba trouve son origine dans la contredanse française. C'est par plusieurs chemins différents que la contredanse arrive à Cuba à la fin du 18e siècle : elle touche directement le oeur de La Havane, à l'Ouest, par l'arrivée des bateaux anglais, en même temps qu'elle débarque à l'Est avec les colons français chassés de la colonie de Saint-Domingue par la révolte des esclaves. Au terme d'une affreuse guerre de libération, la révolte mènera à l'indépendance de la colonie sous le nom d'Haïti. Les français, chassés de l'île, se réfugièrent principalement à Santiago de Cuba, important ainsi la contredanse française. Au cours du 19e siècle, sous l'influence de musiciens de la communauté noire et de compositeurs dont elle devient peu à peu un des genres favoris, la contredanse se métisse et donne naissance à la contradanza qui est alors une danse mondaine un peu guindée où les couples se tiennent les uns à coté des autres par une main. Cette danse anime les salons, au son des fifres, des clarinettes, des cornets, des violons, des contrebasses et autres guïro et timbales. Avec le temps, la contradanza perd son caractère collectif pour se danser en couple. La contradanza est à l'origine du danzón.

Contredanse

Danse européenne populaire du 15e siècle. Son nom viendrait des «country danses» qui sont des danses villageoises anglaises exécutées en cercle. Cette danse vive à deux temps connait le succès au 18e siècle et est à l'origine du cotillon et de la quadrille. Exportée dans les colonies, elle participera quelques siècles plus tard, à la naissance du danzón, du cha-cha-cha et du mambo.

Cumbia

La cumbia est le genre musical le plus représentatif de la Colombie qui puise ses racines dans la musique des esclaves africains de la côte atlantique. La majorité des experts en folklore lui reconnaisse un caractère tri-ethnique, fruit de l'apport de trois cultures : la culture noire africaine qui a apporté la structure rythmique et la percussion (tambours), la culture indigène qui a amené les flûtes et par conséquent, une partie de la ligne mélodique, et la culture blanche qui a ajouté les variations mélodiques et chorographiques, ainsi que la tenue vestimentaire des danseurs. La cumbia représente ainsi une belle expression du métissage de la culture colombienne.

La cumbia est aujourd'hui la danse nationale colombienne, reine des boîtes latinos aux côtés du merengue et de la salsa, avec Joe Arroyo et Yuri Buenaventura comme stars internationales. Véritable centre de la cumbia et de la salsa colombienne, la ville de Cali a donné naissance au talentueux Grupo Niche et à l'orchestre féminin Son de Azucar. Le morceaux le plus connu est «La collegiala» de Rodolfo Aicardi, popularisé grâce à une publicité sur le café de Colombie.

Danza

Genre musical issu de la contredanse européenne, particulièrement populaire à Cuba et à Porto-Rico au 18e siècle. Issue de la contradanza, la danza a des caractéristiques propres, notamment le fait que l'homme et la femme se trouvent pour la première fois en position de danse sociale c'est à dire face à face. Si au début elle a gardé des figures de la contradanza, elle va évoluer de plus en plus vers une danse ou les couples danse face à face et indépendamment les uns des autres.

Danzón

Le danzón est une danse à figures héritées de la contredanse. Comme la contredanse, il se danse en couple mais laisse davantage de place à l'improvisation. Par rapport à la contradanza, le danzón propose des parties plus variées, ce qui permet la nouveauté pour les pas de danse. La particularité du danzón tient au fait que les parties dansées et les parties de repos alternent en fonction de la musique. L'introduction ne se danse pas et, chaque fois que le thème se répète, les danseurs font une pause : c'est le moment où les femmes ouvrent leur éventail pour s'éventer, échangent des commentaires avec leur partenaire ou bien circulent à la rencontre d'autres couples.

Genre musical comme toute musique à danser, le danzón est né à Cuba à la fin du 19e siècle. Il est d'abord exécuté par des tipicas puis, à partir du milieu des années 1920, par des charangas. Le danzon comporte plusieurs parties séparées par des breaks souvent annoncés par un roulement de timbales et permettant aux musiciens et aux danseurs d'improviser librement.

Le temps fera évoluer la forme du danzón en intégrant des éléments venus d'autres styles, comme le son. Sous l'influence du son, une partie finale nommée montuno a été rajoutée et donne l'opportunité aux danseurs d'exécuter des figures plus difficiles. Ensuite, le danzón s'est développé au milieu du 20e siècle sous les formes connues du cha-cha-cha et du mambo. De grands compositeurs américains comme Gershwin ou Bernstein ont intégré le danzón dans leurs oeuvres.

Danzonete

A la fin des années 1930, une partie vocale est incorporée au danzón afin de concurrencer le son qui est devenu plus populaire. Bien que le danzonete ne soit pas écrit avec un rythme plus rapide que le danzón, le fait de lui incorporer la partie chantée, qui s'exécute sur un rythme de son, entraîne une accélération du tempo. Peu développé, il ne se différencie guère dans la façon de le danser du danzón, mais son style est moins austère et ressemble au son notamment pour certaines figures ou «vueltas» où le cavalier lâche d'une main sa partenaire pour la faire tourner.

Descarga

En français, on dirait boeuf, en anglais on appelle cela une jam-session, c'est-à-dire une réunion de musiciens qui jouent en laissant une large place à l'improvisation en donnant le meilleur d'eux-mêmes. Pour que la descarga soit réussie, il faut bien entendu que les musiciens aient du talent, et qu'ils aient quelque chose à donner...

C'est sous l'influence du jazz, avec son cortège d'instrumentistes hors pair, que la formule pénétra la musique latine, et fut mise à l'honneur à New-York au cours des années 1950 par le contrebassiste cubain Israel «Cachao» Lopez.

Despelote

La danse populaire cubaine se divise en deux styles, le casino (en couple, jeu de jambes sobre, passes épurées) et un autre, le plus populaire et le plus répandu, le despelote. Plein de sensualité et de charme, mélange de grâce, de rythme et d'allure, le despelote se danse les bras en l'air en ondulant frénétiquement, des hanches aux épaules.

Guajira

Cette musique paysanne est née en Oriente, dans la région Est de Cuba. Dérivée de la tradition espagnole, nimbée d'une douce nostalgie, elle s'exprime avec simplicité sous forme de ballades, dans lesquelles l'interprétation est essentielle. L'instrumentation de base se compose d'un chant, d'une guitare et de petites percussions légères. Une contrebasse et d'autres percussions seront introduites ultérieurement. Associée au son, la guajira donnera naissance au son montuno, plus lent que le son. La guajira la plus connue est sans conteste «Guajira guantanamera».

Latin Jazz

Le latin jazz est le nom donné à la musique qui combine des rythmes latino-américains avec des harmonies de jazz. Longtemps les musiques des Caraïbes ont exercé une fascination sur les jazzmen, en partie à cause de l'authenticité qui s'en dégage et de la rigueur de leur mise en place. En effet, dans ces musiques, l'âme du continent africain se manifeste de façon flagrante, et la polyrythmie africaine y est plus présente que dans le jazz. Fusion du jazz et en particulier de rythmes cubains, le latin jazz se développe véritablement dans les années 1940 sous l'impulsion des afro-cubains. Le jazz cependant s'était infiltré à Cuba dès les années 1920, et des éléments latinos existaient déjà dans le jazz de la Nouvelle-Orléans. Depuis les années 1970, le latin jazz a connu un important renouveau à Cuba avec des orchestres tels qu'Irakere, ainsi que dans le reste de l'Amérique latine et aux états-Unis, où se sont exilés, depuis le début des années 1980, plusieurs jazzmen cubains.

Mambo

Puisant ses origines dans le danzòn, dans le son et dans le jazz, le mambo est l'aboutissement du ritmo nuevo, et se caractérise par le jeu des congas, par la syncope du piano, par les trompettes qui joue «jazz», et par la très qui souligne le rythme. Tout est dans la syncope, les saxophones l'accentuent sans relâche, pendant que les trompettes se chargent de la mélodie. La basse, en combinaison avec les congas et les bongos, s'occupe du reste. Telle est la construction du mambo.

Au niveau de la danse, le mambo n'est pas une création populaire, ce sont des danseurs de cabaret qui ont créé les pas, copiés ensuite par le public. L'invention de la danse du mambo est attribuée à Perez Prado qui l'a présentée au night-club Tropicana à La Havane dans les années 1940. Elle est apparue pour la première fois aux états-Unis sur la scène de la Plaza à New York, un des endroits préférés des danseurs de Harlem. Puis le mambo gagne ses lettres de noblesse au Palladium. Le Mambo jouit alors d'une popularité grandissante, grâce notamment à Eddie Torres, un danseur professionnel de New York. Surnommé « roi du mambo », Eddie Torres est à l'origine du New York Style.

Le mambo partagera les scènes avec son «cousin», le cha-cha-cha plus simple de construction, durant toutes les années 1950, inspirant les plus grands créateurs et interprètes. Il générera des variantes, comme le boléro-mambo, alliant un thème de boléro sur un rythme de mambo lent. Son règne prendra fin au début des années 1960, quand le public se lassera et se tournera vers d'autres styles musicaux.

Merengue

Issue des îles caraïbes, le merengue (prononcer «mérenne-gué») est une danse peu pratiquée en France dont la culture est plus tournée vers le zouk des Antilles lorsqu'il s'agit de danser «exotique». Le merengue est reconnu comme la danse nationale de la République Dominicaine depuis les années 1930. Comme beaucoup de danses populaires non codifiées, le merengue a évolué jusqu'à nos jours où il se danse en position fermée, le couple tournant le plus souvent dans le sens de rotation des aiguilles d'une montre (mais le sens contraire est possible). De temps en temps, une main est lâchée permettant à l'un ou l'autre des danseurs de tourner sur lui-même. Du côté des pieds, c'est très simple : il suffit simplement de marcher en alternant pied gauche pied droit sur le rythme de la musique. Aujourd'hui, le merengue est souvent associé à la salsa car de nombreux mouvements de salsa sont réalisés plus facilement en merengue.

Oriente

La région Est de Cuba, l'Oriente, a développé et conservé la spécificité de sa culture tout en se posant en rival de La Havane, capitale distante d'un millier de kilomètres. C'est dans cette région qu'arrivèrent les conquistadores espagnols, qui, sur les traces de Christophe Colomb, investirent l'île à l'orée du 16e siècle. Ils firent de Santiago de Cuba une base portuaire pour l'arrivée des esclaves africains et imposèrent Santiago comme première capitale de l'île. La région s'est enrichie de l'arrivée massive de milliers de colons français et de leurs esclaves, fuyant Saint-Domingue où Toussaint Louverture conduisait une révolution anti-esclavagiste et anti-coloniale. Un métissage unique, aux traditions multiples provenant des cultures espagnoles, françaises, africaines et amérindiennes, caractérise l'Oriente. Malgré la rapide suprématie que La Havane réussit à s'assurer en devenant l'escale naturelle des espagnols en partance pour l'Amérique du Sud, la région de l'Oriente a réussi à maintenir pendant plusieurs siècles une intense activité économique.

L'Oriente, «tierra caliente», abrita les premières rebellions d'esclaves à Cuba grâce à ses régions montagneuses «sierra maestra» et «Sierra de Cristal», avant d'être le théâtre de batailles décisives des guerres d'indépendance du 19e siècle. Elle protégea ensuite les années de conquête du pouvoir de la révolution cubaine de Fidel Castro.

Fière de ses traditions rebelles, davantage teintée d'Afrique que La Havane, l'Oriente a su conserver vivaces et fécondes ses traditions culturelles, et est à l'origine des formes musicales cubaines majeures comme le son et le boléro.

Ritmo Nuevo

La popularité du distingué danzón, avec sa flûte et ses violons, avait déjà été sérieusement affaibli par l'émergence du son. Un nouveau rythme, justement baptisé ritmo nuevo, injecte dans le danzón, des éléments symphoniques agrémentés du jazz qui fait alors fureur aux états-Unis. C'est aussi dans la puissante syncope du son d'Oriente que le ritmo nuevo trouve ses racines. La route est alors ouverte pour le mambo qui va bientôt entrer en scène.

Son

Pilier fondamental de la musique cubaine, «ancêtre» de la salsa, le son (prononcer «sonne»), est le fruit de la rencontre des cultures africaines et espagnole. Aux mélodies espagnoles sont en effet assemblées des rythmes africains, où la clave est souveraine. Le son se caractérise par une anticipation caractéristique des temps qui génère swing et élégance, par une alternance des couplets et du refrain en forme de question-réponse entre le chanteur principal et le coeur, et par des textes simples et brefs mettant en scène la vie de tous les jours.

Né à la fin du 19e siècle dans les zones rurales de la région d'Oriente, le son gagne progressivement l'Ouest de Cuba pour arriver à La Havane, où les gens dansaient alors le danzón. Les instruments utilisés pour jouer du son étant peu onéreux, en comparaison avec les instruments des orchestres de danzón, les musiciens l'adoptent avec enthousiasme. D'abord considéré comme vulgaire, il conquis rapidement un large public à Cuba puis à l'étranger, porté dans les années 1930 par des maisons de disques américaines. Le succès du son fut tel que ce dernier se vit fusionner avec le danzón pour ainsi créer, quelques années plus tard, le danzonete. Devenu très populaire, le son connaît un tel succès, qu'à partir des années 1930, il est déjà considéré comme légitimement caribéen et non exclusivement cubain. Sa forme se pose ainsi comme élément essentiel et fondateur de la musique caribéenne du 20e siècle. Dès lors, le son n'a cessé d'évoluer et de se répandre dans toute la région caribéenne ainsi qu'en Amérique du Sud. Parmi les évolutions musicales du son, on trouve notamment le cha-cha-cha, la rumba et le mambo, fortement imprégné du jazz américain.

La façon de danser le son se caractérise par des figures ou le couple se retrouve en position ouverte notamment lorsque le cavalier fait tourner sa partenaire («vueltas»). Les vueltas sont simples et peu nombreuses. Certains pas sont spectaculaires comme le tornillo où l'homme, entraîné par sa partenaire descend en rotation en appui sur un pied jusqu'à se retrouver la jambe complètement pliée et enchaîne toujours en rotation et toujours en appui sur un pied différentes postures allant jusqu'à avoir le corps parallèle au sol. Dans le son, l'homme met l'accent sur le jeu de jambes qu'il improvise sur le rythme de la musique, notamment dans la partie solo des bongos.

Certains disent que le son est à Cuba ce que le blues est aux états-Unis : une forme simple à l'origine de toutes les évolutions musicales, tellement ancrée dans la culture du pays qu'elle en devient sans âge et accède à l'universalité. Le son est poli par les âges et les cultures populaires, indémodable et éternel, mais il reste définitivement marqué par son origine paysanne : sa sobriété naturelle privilégie aujourd'hui encore les instruments simples et portables, guitares parfois bricolées, percussions légères et faciles à fabriquer.

Songo

Ensemble de rythmes inventés dans les années 1970 par José Luís Quintana «Changuito», le percussionniste du groupe Los Van Van, le groupe le plus populaire de Cuba. Le songo n'est pas de la salsa au sens strict, c'est l'un des styles, que l'on peut inclure dans l'ensemble de la musique salsa cubaine, qui mélange plusieurs styles venus de la rumba et du son avec des éléments de jazz et de funk.

Sonero

Chanteur de son et par extension de salsa. Tout chanteur de salsa n'est pas nécessairement un sonero. Un sonero c'est un chanteur de salsa qui a un plus: l'improvisation, comme par exemple Oscar D'léon.

Timba

La timba est un genre musical nouveau né à Cuba à la fin des années 1980 dont une des origines est le songo. Métissage entre des racines africaines profondes et une musique occidentale de plus en plus présente à Cuba, la timba est très rythmée et très empreinte de sonorités jazz et funk. Ainsi, des groupes comme La Charanga Habanera ou Bamboleo ont souvent des cuivres ou d'autres instruments jouant des riffs d'Earth Wind & Fire, de Kool & The Gang ou d'autres groupes de funk. Beaucoup de groupes de timba ont gardé l'ensemble traditionnel de charanga des années 1940 et on peut danser de la rueda de casino sur de la timba, ou bien le despelote.

Certains vulgarisent la timba en l'assimilant complètement à la salsa cubaine, ce qui est très réducteur. Timba et salsa cubaine ne sont pas des synonymes, la timba fait parti des différents styles musicaux qui composent la salsa cubaine, au même titre que le son. Les principaux artistes sont : Juan Formell y los Van Van, La Charanga Havanera et NG la Banda.

Tipicas

Les tipicas sont des orchestres qui au milieu du 19e siècle animaient les bals et interprètaient notamment les contredanzas, puis le danzón. Les formations sont variables et peuvent dépasser la vingtaine de musiciens, mais les formations réduites sont plus fréquentes. Elles se composent alors d'une clarinette, d'un cornet à pistons, de trois violons, d'une contrebasse, de timbalès et de güiros.

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