L'île de Cuba fut découverte par Christophe Colomb en 1492, lors de son premier voyage vers ce qu'il croyait être l'empire des Indes. L'île était alors habitée par environ 100 000 Amérindiens et fut baptisée d'après son nom indigène, Cubanascan. La colonisation de Cuba par les espagnols commença au début du 16e siècle. Santiago de Cuba fut ainsi construite en 1514 et La Havane en 1519. En moins de cinq ans, la population indigène de tempérament pacifique, systématiquement massacrée, fut réduite à quelques centaines d'individus.
Base de ravitaillement pour les expéditions espagnoles vers le Mexique et le Panama, Cuba possédait des réserves d'or qui furent rapidement épuisées.
L'administration locale fut donc en charge de promouvoir de nouvelles activités économiques : le tabac, les plantes tinctoriales, puis la canne à sucre connurent un essor considérable, favorisé par l'arrivée de nombreux esclaves africains. Carrefour maritime incontournable entre l'Europe et le continent américain, l'île devint commercialement très active.
Le métissage des cultures africaines et européennes constitue l'un des fondements de la culture cubaine et engendre dès le 16e siècle des genres musicaux nouveaux. Essentiellement portés par des musiciens noirs qui en dépit de l'esclavage et des diverses répressions furent très créatifs, ces nouveaux genres vont de pairs avec des instruments métis comme le très, les congas, les bongos ou les timbales.
Cuba est un grand producteur et exportateur de musique. Les mélanges des cultures africaine et hispanique ont donné naissance très tôt à différents types de musique, comme le danzón, qui date de la fin du 19e siècle et qui associe la contredanse européenne aux rythmes africains. Au début du 20e siècle, le son naît dans la région d'Oriente, à l'Est de Cuba. Ses textes racontent les petits évènements de la vie quotidienne des gens des campagnes. Très rapidement la popularité du son descend dans la plaine puis dans les villes de Cuba. C'est à partir de cette musique que vont commencer à se développer ce que l'on appellera plus tard les danses cubaines.
Après avoir conquis le public cubain ainsi que toutes les populations des îles avoisinantes, le son devient le symbole de la musique caribéenne. Au milieu des années 1930, des cubains, soucieux de moderniser le danzón, introduisent dans la structure du morceau un cours passage consistant en rifs soutenus par la cloche : le mambo voit le jour. De nombreux compositeurs s'inspirent de ce nouveau rythme, mais ce n'est qu'au début des années 1950 que le mambo apparaît comme genre musical distinct, employant des éléments de jazz dans ses compositions : la fièvre du mambo est née. C'est aussi à cette époque qu'apparaît le cha-cha-cha, un autre dérivé du danzón, une sorte de mambo lent.
Dans les années 1950, à New York, le jazz prend un virage définitif. Dans son développement fulgurant, il s'était débarrassé d'une de ses principales fonctions initiales: faire danser. Après plusieurs décennies prospères, les salons de danse encaissent mal le coup. De moins en moins de couples américains blancs s'y rendent pour danser le swing. A Broadway, le Palladium, une immense salle capable d'accueillir un millier de couples sur sa piste de danse, subit le même sort que les autres grands dancings. Mais son promoteur, par une heureuse intuition, entrevoit une solution avec la musique latine, nouveau moteur qui pourrait révolutionner et relancer la vie nocturne de la ville.
C'est également à cette époque que commence la rivalité musicale entre les orchestres de Tito Puente et de Tito Rodriguez pour le titre de «roi du mambo». Lutte qui va durer jusque dans les années 1960, l'un et l'autre rivalisant avec des arrangements de plus en plus complexes et audacieux, enregistrant avec des musiciens de jazz, mais sans jamais perdre de vue que le mambo est avant tout une musique pour danser.
Les échanges entre Cuba, New York et les îles des Caraïbes sont à leur apogée quand le 1er janvier 1959, le gouvernement de Batista est renversé par Fidel Castro qui instaure rapidement un régime socialiste sur l'île. Cuba et ses richesses culturelles se retrouvent isolées du reste de l'Amérique. La musique ne s'exporte plus, l'influence culturelle du pays est réduite. Parallèlement à l'accession de Castro au pouvoir, un grand nombre de cubains fuient le régime socialiste et s'exilent aux états-Unis. Beaucoup d'artistes et de musiciens choisissent de développer leur talent à New York, créant ainsi une importante communauté latino essentiellement regroupée dans le quartier de Manhattan Spanish Harlem, également connu sous le nom d'«El Barrio».
Plusieurs clubs latinos voient alors le jour, mais la musique latino, identitaire et ignorée par les producteurs, reste très communautaire. Ce phénomène coïncide avec le retrait, dans tous les grands clubs de danse, des licences autorisant la vente d'alcool. Le Palladium et les autres dancings sont obligés de fermer, le public est alors contraint d'abandonner Broadway et de retourner dans les petits clubs retirés qui ne peuvent guère accueillir plus de 10 musiciens, dans le meilleur des cas, pour des raisons d'espace et d'argent. Cette crise engendre malgré elle l'apparition de nouveaux petits orchestres qui quelques années plus tard vont devenir les piliers d'un nouveau langage qui connaîtra un succès sans pareil dans les années 1970.
Au début des années 1960, l'arrivée du boogaloo, va coïncider avec la crise de la musique latine. Avec l'arrivée du rock, puis de la pop music, la musique latine perd peu à peu de son public. Par ailleurs, en raison de la tension politique entre Cuba et les états-Unis, les maisons de disque censurent peu à peu les musiques latinos. De manière à récupérer une audience en baisse, les orchestres latinos vont alors se tourner vers la soul music, la pop music et le rythm & blues, et mélanger une nouvelle fois les genres, créant ainsi le boogaloo, musique hybride mais très dansante. Certains artistes se feront une spécialité de reprises latines de tubes pop de l'époque.
Au 15e siècle, certains pensaient que l'océan atlantique s'étendait jusqu'aux rivages de la Chine et qu'il était donc possible d'atteindre l'Orient en faisant route vers l'Occident. Cette hypothèse était loin de faire l'unanimité, mais elle inspira l'une des plus grandes aventures de toute l'histoire humaine: la découverte du continent américain par Christophe Colomb.
C'est lors de son premier voyage que Christophe Colomb découvre Cuba. En août 1492, il part avec trois navires (la Santa Maria, la Pinta et la Niña) et une centaine de membres d'équipage. Le 10 octobre 1992, les premiers signes indirects de terre apparaissent : des oiseaux et des débris flottants parmi lesquels des végétaux. Le 12 octobre, la terre est en vue. C'est une île, Guanahami (San Salvador), située à l'extrême Est des Bahamas. Les indigènes indiquent à Christophe Colomb qu'il faut aller plus à l'Ouest pour trouver de l'or. Le 28 octobre 1992, il débarque à Cuba.
Christophe Colomb est persuadé d'avoir atteint le continent asiatique et de connaître sa position exacte. La flottille se dirige alors vers l'Est le long de la côte cubaine et atteint le 6 décembre une nouvelle île à l'est de Cuba qu'il nomme Hispaniola (Haiti), où il trouve enfin de l'or en quantité. La Santa-Maria s'étant échouée, Christophe Colomb laisse une quarantaine d'hommes dans un fort et rentre vers l'Espagne pour conter ses découvertes. Il repartira ensuite pour fonder une ville européenne sur ces nouvelles terres.
Cuba compte environ 11 millions d'habitants dont 2,5 résident à La Havane. Depuis sa fondation en 1519, La Havane est certainement la perle des capitales du Nouveau monde. Ultime étape pour les navires espagnols de la route des Indes qui s'en retournaient vers l'Europe, La Havane garde le souvenir de ses forteresses et de son rempart érigé à partir du 17e siècle en fronton de mer.
Son centre historique, la Habana Vieja, édifié au fil de la colonisation, est inscrit sur la liste du patrimoine mondiale de l'Unesco depuis 1982. L'atmosphère de délabrement et la vie bouillonnante qui règnent à La Havane forment un contraste détonnant pour les touristes. Les palais somptueux côtoient l'habitat populaire dans lequel les cubains s'entassent, dans des immeubles chargés d'histoire et de splendeurs révolues. Depuis un demi-siècle, la capitale souffre du manque de travaux d'infrastructure et de moyens pour valoriser son patrimoine architectural.
Né en 1926, il se consacre au droit, puis se présente en 1952 au Parlement pour le Parti orthodoxe. Le coup d'état du général Batista annule les élections. Castro l'attaque en justice, l'accusant d'avoir violé la constitution. Sa demande est jugée irrecevable. Castro organise alors une réaction armée mais celle-ci est un désastre et il est arrêté puis condamné à 15 ans de prison. C'est à cette occasion qu'il rédige «L'histoire m'acquittera» discours passionné défendant son action et explicitant ses thèses politiques. Libéré lors d'une vague d'amnistie en 1955, il s'exile au Mexique puis aux états-Unis, d'où il réorganise la résistance à Batista.
à cette époque, Castro se définit comme un adepte de la philosophie jeffersonienne et adhère à la formule Lincoln de coopération entre le capital et le travail. Fin 1956, il rentre clandestinement à Cuba, avec 82 autres exilés dans la région d'Oriente. Mais il est attendu par l'armée de Batista au moment où il débarquent avec ses hommes. Après quelques jours de combats, il se réfugie avec quelques survivants dans la Sierra Maestra d'où il mène une guérilla. Batista commet une erreur stratégique en ne les chassant pas. Batista pense en effet que personne ne peut survivre dans la Sierra Maestra, mais Castro et ses hommes le feront.
Gagnant le soutien populaire, le mouvement regroupe bientôt 800 hommes et est très populaire aux états-Unis où Castro apparaît alors comme un héros de la démocratie. Le gouvernement américain, gêné par la brutalité du régime en place, commence à voir en Castro une alternative à Batista. Bien qu'en infériorité numérique, Castro remporte des victoires, aidé par des désertions massives dans l'armée de Batista. Les forces révolutionnaires prennent Santiago de Cuba et, le 31 décembre 1958, alors que la situation est très incertaine, Batista fuit le pays avec 40 millions de dollars vers la République Dominicaine, puis l'Espagne.
Le crédit de Castro auprès de la population cubaine est énorme, à cette époque il passe encore pour un modéré et un démocrate. Un premier gouvernement temporaire est mis en place, associant toutes les forces d'opposition à Batista. Ce gouvernement a pour mission de préparer des élections dans les 18 mois. Mais Castro va progressivement prendre goût au pouvoir, et la démocratie idéale qu'il souhaitait fonder au début de la révolution va en quelques années devenir une dictature. Les élections prévues n'auront jamais lieu.
Fidel Castro a été premier ministre de 1959 à 1976, puis président du conseil d'état et du conseil des ministres depuis le 2 décembre 1976. Il est le premier secrétaire du parti communiste cubain depuis sa création en 1965. Son frère Raúl est considéré comme son probable successeur.