Le mot salsa, d'origine espagnole, se traduit littéralement par «sauce piquante». C'est sans doute la définition qui exprime le mieux le mélange d'ingrédients qui composent la salsa.
De nombreuses sources désignent un titre de son cubain «Echale salsita» du Septeto d'Ignacio Piñeiro comme étant à l'origine du mot salsa. Mais, si le son est bien l'ancêtre majeur de la salsa, le mot salsa n'est pas encore utilisé pour désigner un courant musical, et dans ce morceau, il a juste la signification du mot espagnol salsa (sauce). Le mot salsa est ensuite utilisé à plusieurs reprises. Dans les années 1940, les cubains désignent par salseros des musiciens qui jouent dans différents groupes, mais il est encore trop tôt pour parler de salsa. En 1966, lors d'une interview de Richie Ray et de Bobby Cruz pour une radio vénézuelienne, Richie Ray répond que leur musique est comme la sauce ketchup, et l'animateur reprend le terme de salsa (sauce) pour qualifier une musique qui donne de la saveur aux aliments.
L'origine du terme salsa est donc assez floue, mais ce n'est qu'à partir du début des années 1970 que le terme a vraiment été popularisé.
Si l'on devait établir le lieu de naissance de la salsa, il faudrait citer les quartiers hispaniques de New York. Dans les années 1960, ces quartiers défavorisés sont peuplés par des nouveaux immigrés d'Amérique latine, notamment par de cubains qui ont fui le régime castriste, mais aussi par des portoricains, des colombiens et des vénézuéliens. C'est dans ce contexte que va naître la salsa à la fin des années 1960, à la fois symbole de métissage culturel et message de revendication contre l'oppression américaine.
Pour le grand public, cette musique d'immigrés était au tout début considérée comme vulgaire et éphémère. Il faudra attendre le début des années 70 pour que la salsa, forte d'une nouvelle sonorité plus urbaine, jouée dans les petits clubs new-yorkais, soit enfin reconnue en dehors de la communauté hispanophone. La salsa séduit par son côté novateur : les trombones, souvent au nombre de deux, accompagnent le rythme joué aux percussions, à la basse et au piano. La musique acide véhicule l'identité des Caraïbes urbaines : elle n'est pas réservée aux salons de danses et aux représentations pompeuses. Au contraire, par son coté piquant, dynamique et sensuel, la salsa est associée à la rue et à son environnement.
Toute cette énergie musicale bouillonnante de New York va bientôt être canalisée par un jeune avocat qui a flairé son potentiel commercial : Jerry Masucci crée en 1964 avec le flûtiste Johnny Pacheco le label Fania. Le label musical Fania Records va largement contribuer au rayonnement de ce mouvement musical. Rapidement, la Fania organise des grandes rencontres musicales sous la forme de jam-sessions. Au cours de ses réunions, les musiciens donnent libre cours à leur improvisation. De grands noms vont s'unir sous le nom de la Fania All Stars, comme Celia Cruz, Ray Barretto, Willie Colon ou Ruben Blades. A partir de leurs origines culturelles, ils créent alors les prémisses d'une musique qui sera nommée, moins de dix ans plus tard, la salsa.
Au début des années 1970, la musique latino est de moins en moins diffusée alors que le label Fania souhaite promouvoir ses artistes. Un nom commercial est alors trouvé pour éditer et diffuser les nombreux genres musicaux latinos aux noms trop différents pour être popularisés. A partir de 1973, le nom de salsa sera massivement commercialisé pour désigner le mouvement latino. Le succès est inespéré.
Le terme salsa exprime le mélange des influences musicales qui ont fondé le style. Selon certains, la salsa est un «son mis à la sauce portoricaine», selon d'autres, la salsa «c'est tous les rythmes cubains réunis sous un seul nom». Les cubains boudent rapidement le terme salsa, ils trouvent en effet que les américains usurpent et pillent leur musique. Sous l'impulsion des fondateurs de la Fania all Stars qui réunit les plus grands noms de la musique latino-américaine, ils finissent par l'accepter et le revendiquer.
L'histoire de la salsa est marquée notamment par la formidable carrière de Celia Cruz qui installe durablement le style et lui donne un impact mondial. Elle s'est imposée comme la grande dame, la reine de la musique latine avec notamment des orchestrations remarquées de Tito Puente. Par ailleurs des musiciens comme Willie Colón, d'origine portoricaine et vivant à New York, donnent à la salsa une dimension sociale et rebelle d'une grande puissance, qui révèle l'envers du rêve américain, dévoilant dans leur musique la vie des ghettos, la violence et les drogues dures. Rubén Blades apporte une dimension politique à cette révolte, mettant en avant une véritable conscience sociale et en y apportant des revendications politiques.
Aujourd'hui, après une période creuse au début des années 1980, la salsa connaît un véritable renouveau avec l'émergence de nouveaux groupes et artistes, mais aussi grâce à la danse qui lui est associée. La salsa a connu un essor extraordinaire. Elle est maintenant présente dans le monde entier, aux états-Unis, dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, en Europe, et même au Japon avec le groupe Orchestra de la Luz. La déferlante salsa a entraîné dans son sillage la musique traditionnelle cubaine, notamment grâce au célèbre film «Buena Vista Social Club». Le développement de la salsa est ainsi comparable au raz de marée engendré par le rock'n'roll.
On peut classer la salsa en 4 genres principaux:
La salsa de New-York des années 1970, appelée salsa dura ou salsa gorda qui puise ses racines dans la rumba, le mambo, le cha-cha-cha, la pachanga et le boogaloo. Musicalement, piano, congas, bongos et trombones sont les instruments de base. Les principaux artistes sont entre autres Celia Cruz, Ray Barretto, Tito Puente ou Oscar d'Léon. |
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La salsa new-yorkaise moderne, très en vogue ces dernières années, appellée salsa romantica, et qui est composée principalement de reprises de ballades romantiques ou de boléros. Les textes et les arrangements sont moins agressifs, plus «mous». Parmi les premiers chanteurs de salsa romantica on peut citer Eddie Santiago, Frankie Ruiz, Lalo Rodriguez ou Willie González. Leur nombre n'a fait que croître depuis les années 1990 : Luis Enrique, Jerry Rivera, Rey Ruiz, Marc Anthony, Tito Rojas, Tito Nieves, José Alberto, Tony Vega, Víctor Manuelle, Domingo Quiñonez, Michael Stuart, pour ne citer que les plus célèbres... |
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La salsa cubaine actuelle ou timba qui a réellement émergé il y a une quinzaine d'années. C'est un métissage entre des racines africaines profondes et une musique occidentale de plus en plus présente. Très rythmé, ce genre est empreint de sonorités jazz et funk. Les principaux artistes sont Los Van Van, La Charanga Havanera ou NG la Banda. |
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La salsa colombienne dont la capitale est Cali et qui est devenue populaire dans les années 1980. Elle conserve un certain classicisme avec des textes largement narratifs, mais avec un style musical qui lui est propre. Les principaux groupes et artistes sont : Grupo Niche, Orquesta Guayacán, Yuri Buenventura, Joe Arroyo ou la Sonora Carruseles. |